Guérison de Marie Bailly selon Wikipedia Mai 1902, à la suite d’un concours de circonstances incroyables, Alexis Carrel (1873 – 1944), médecin lyonnais, futur Prix Nobel, athée, remplace un collègue devant accompagner des pèlerins à Lourdes. Dans le train, il rencontre Marie Bailly, vingt-deux ans, atteinte d’une péritonite tuberculeuse qui a provoqué une grosseur énorme sur son ventre. Le lendemain de son arrivée, Carrel constate qu’elle agonise lorsque, soudainement, la tumeur du ventre disparaît de façon inexplicable. Le médecin athée se convertit à la suite de cette guérison, qui est jugée miraculeuse. On peut considérer que le premier prodige a lieu lorsque Marie parvient en vie à Lourdes : à l’époque, le voyage en train, d’une durée de quarante-huit heures, est très fatigant et inconfortable. Les médecins avaient formellement déconseillé à ses parents de l’envoyer dans la cité mariale, prévenant (comme Carrel) qu’elle n’arriverait pas en vie. La disparition de la grosseur ventrale de Marie, en quelques minutes, n’a aucune explication possible. Connu dans le monde entier pour ses travaux sur l’anastomose vasculaire, salué par la communauté scientifique comme un observateur chevronné, Carrel, agnostique au moment de la guérison, se tenait juste derrière Marie au moment des faits : il n’a pu se tromper ou être le jouet d’une quelconque illusion. Son témoignage, concis, minutieux, « froid » comme celui d’un médecin, rédigé peu après le miracle, se passe de tout commentaire : « L’abdomen extrêmement distendu et très dur a commencé à s’aplatir et, en trente minutes, il avait complètement disparu. » Remué intérieurement, Carrel hésita d’abord quant à la valeur de son propre diagnostic (péritonite tuberculeuse), établi pendant le voyage en train. Or, il ne s’est pas trompé du tout : Marie avait déjà eu des antécédents tuberculeux, et le « sérodiagnostic de la tuberculose », établi bien avant le pèlerinage, avait été positif. D’ailleurs, Carrel « n’a pas hésité un seul instant » à diagnostiquer la péritonite tuberculeuse. Prix Nobel de physiologie pour ses travaux sur les tissus vivants, Alexis Carrel est tout sauf un illuminé ou un affabulateur : son sens de l’observation, ses connaissances exceptionnelles en matière d’évolution des maladies et son expérience de praticien font de lui un scientifique hors pair. Carrel est tellement surpris par cette guérison qu’il demande que Marie soit suivie pendant quelques mois par un médecin généraliste et un psychiatre. L’absence d’explications de ses confrères le laisse sans voix. S’il envisage de rechercher une cause naturelle, il est, dès la manifestation de cette guérison, absolument certain de ce qu’il a vu de ses yeux de savant : « Jamais je n’oublierai l’événement bouleversant que j’ai vécu […]. Je ne puis le comprendre, mais je ne puis douter non plus de ce que j’ai vu de mes propres yeux »(cité par Pierre Lunel, Les Guérisons inexpliquées, p. 69). La conversion d’Alexis Carrel n’est en rien superficielle ou temporaire. Carrel a certes mis du temps à déclarer publiquement sa foi (en 1942), mais celle-ci apparaît bel et bien aussitôt après la guérison miraculeuse de Marie, comme le prouve, dès les jours qui l’ont suivie, l’intérêt nouveau qu’il porte à enquêter sur les guérisons inexpliquées – curiosité qu’il n’avait jamais eue jusqu’alors. La conversion de Carrel n’a pas signifié l’abdication de sa raison. C’est tout le contraire : c’est en frappant son intelligence que Dieu a changé son cœur. Sa démarche préalable fut d’envisager toutes les causes naturelles possibles, « avec une grande méticulosité » (docteur Boissarie), explorant par exemple la possibilité d’une explication par les troubles mentaux : « péritonite nerveuse développée chez une jeune fille tuberculeuse et hystérique ». Ne découvrant rien, ayant épuisé toutes les ressources de la science, il confesse que cette guérison dépasse absolument les lois connues. Les fruits de la guérison sont durables et significatifs : outre la conversion d’un Prix Nobel, qui est revenu par la suite de nombreuses fois à Lourdes, la miraculée se découvre une vocation religieuse, qu’elle suit magnifiquement en devenant sœur des Filles de la Charité. Marie Bailly est morte à l’âge de cinquante-huit ans, après une vie spirituelle d’une grande densité, sans avoir jamais connu de rechute tuberculeuse. Wikipedia |